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David Saforcada : Nicolas Sarkozy ne sera jamais Bonapartiste... pour répondre à Marianne et aux autres médias ...

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David Saforcada : « Nicolas Sarkozy ne sera jamais bonapartiste ! »

Secrétaire général du mouvement France Bonapartiste, David Saforcada a récemment publié un communiqué de presse pour se plaindre de ce que l'adjectif « bonapartiste » soit accolé au nom de Nicolas Sarkozy. Il revient pour Marianne2007.info sur ce qu'il considère être une erreur de jugement sur le nouveau président de la République. Selon lui, il méprise l'appel au peuple, la citoyenneté et l'indépendance de la France, valeurs cardinales du bonapartisme, et que seul Nicolas Dupont-Aignan incarnerait aujourd'hui en politique.

Marianne2007.info : Pourquoi vous êtes-vous plaint de ce que Nicolas Sarkozy soit décrit comme un bonapartiste ?
David Saforcada :
Pour moi, Nicolas Sarkozy n'a rien d'un bonapartiste au sens propre du terme. Ses propositions de pré-campagne ont certes pu laisser penser qu'il avait un petit côté Napoléon III. Quand il a défendu le retour à l'autorité, par exemple, ou bien dans les discours écrit par Henri Guaino où l'on sentait une fibre sociale proche de notre courant. La TVA sociale allait dans ce sens même s'il semble qu'on ne veuille pas la remettre au goût du jour. Mais ses déclarations se sont contredites : on ne peut pas se faire le défenseur de la citoyenneté et prôner par ailleurs la discrimination positive. Quand il est allé faire des génuflexions à Washington pour dire que la France était arrogante, c'était totalement à côté des principes bonapartistes. Sa façon d'amener le mini-traité européen en niant le vote des Français sur le TCE montre bien son mépris pour l'appel au peuple, une valeur fondatrice de notre mouvement. Nicolas Sarkozy ne sera jamais bonapartiste : c'est pour moi et ceux que je représente une atteinte à la mémoire des Bonaparte que de le prétendre.

Les idées bonapartistes sont-elles défendues aujourd'hui en France ?
C'est le propos de notre mouvement que de les faire entendre : depuis 30 ans, les valeurs que nous défendons suscitent de moins en moins d'intérêt. L'indépendance nationale en a pris un coup avec l'Europe. Quant à l'autorité, aussi bien au niveau de l'éducation que de la société, elle est tombée en désuétude. Dans le dossier que Marianne avait consacré aux rapports entre Nicolas Sarkozy et le bonapartisme, il avait été précisé que c'était Napoléon III qui avait donné le droit de grève aux ouvriers : plus personne ne le sait aujourd'hui.

Y a-t-il néanmoins des hommes politiques qui semblent attachés à ces principes ?
Lorsque l'on considère que, depuis la deuxième moitié du XXè siècle, les bonapartistes se sont toujours inscrits dans la logique républicaine, une personne comme Nicolas Dupont-Aignan apparaît comme un bon porte-parole pour nos idées. Pendant la pré-campagne présidentielle, nous avions soutenu sa candidature, aussi bien au niveau militant que pour l'obtention des signatures d'élus locaux.

Avez-vous déjà approché le nouveau président sur certains dossiers ?
Nous n'avons pour l'instant soumis qu'une seule proposition d'ordre historique : le transfert des cendres de Napoléon III, de l'impératrice Eugénie et du Prince impérial d'Angleterre en France. Nous n'avons pas eu de réponse. Par ailleurs, nous sommes en train de préparer plusieurs demandes sur des sujets qui nous tiennent à cœur : le mini-traité européen, la participation des ouvriers à la vie de l'entreprise (comme l'avait ébauché de Gaulle) et un retour de services publics efficaces sur l'ensemble du territoire. Il ne s'agirait pas de remettre en cause le droit de grève des ouvriers mais il faudrait pouvoir éviter que les fonctionnaires prennent en otage le reste de la population. De ce point de vue, l'idée d'un service minimum serait à étudier.

Lundi 30 Juillet 2007 - 17:56  Propos recueillis par Sylvain Lapoix